lunes, 11 de julio de 2016

L'objet Regard. 46ª Journées de l'ecole de la cause freudienne. @LObjetRegard

Hoy traemos a este espacio a  L'objet Regard. 46ª Journées de l'ecole de la cause freudienne.
LE PROGRAMME

L’image a envahi le monde avec une puissance inégalée. L’apparence, l’être, la rue, le métro, les relations à l’autre, le social, la sexualité… Rien n’y échappe. Facebook, Instagram, Snapchat… je me donne à voir. Quel succès ! Big Brother ne fait plus peur.

C’est le triomphe de l’œil, et de ses appareils sophistiqués : ils sont partout. « Le spectacle du monde, en ce sens, nous apparaît comme omnivoyeur »1 (Jacques Lacan). Nous qui voulons voir et être vus, sommes devenus omnivoyeurs.
Mais où est passé le regard ?

Une histoire vraie… Lacan, sur un bateau de pêche en Bretagne, voit flotter sur l’eau un point lumineux. C’est une boite de conserve. Il s’entend dire alors par un des pêcheurs : « tu vois, cette boite ? Tu la vois, eh bien, elle, elle te voit pas !2 » Elle ne le voit pas, en effet, elle le regarde, lui qui, jeune intellectuel ou étudiant, faisait tache dans le tableau. La gêne ressentie alors, qui avait surgi de ce regard, il ne l’oubliera pas. Tant d’années plus tard il tirera de la trouvaille de petit Jean la distinction, la disjonction de l’œil et du regard.

Nous sommes avant tout des êtres regardés. Le regard, c’est toujours le regard de l’Autre.
L’attrape regard


Il suffit d’un instant où il ou elle accroche le regard : coup de foudre ! C’est précisément ce qui ne me voit pas qui m’attrape comme regard. Et si les objets semblent lorgner dans notre direction, c’est en tant qu’ils impriment profondément, physiquement l’image qu’ils nous renvoient de nous-mêmes. Car notre corps éprouve le regard, il est pris par celui-ci suivant des modalités infiniment variées. Ces Journées auront à explorer la clinique du regard : les souffrances du comment je me vois, comment je me regarde, comment l’autre me regarde, mais aussi celles du donner à voir comme de la soustraction au regard, anorexie, boulimie, phobie, scarification et aussi bien tatouages, expérience du corps à l’aide de substances, ou encore addictions.

Le regard manque

C’est plutôt l’attention de ce qui vous regarde qu’il s’agit d’obtenir3. Ce regard qui me manque et que je désire. Thèse essentielle de Lacan qui éclaire le triomphe actuel du narcissisme et sa vérité : vitalité et tranchant mortel du rapport à l’image spéculaire. L’angoisse guette d’un regard qui vous voit sans vous regarder. L’artiste sait que le regard est un objet : ici il nous enseignera.
Quel objet ?

Le regard, drôle d’objet qu’un objet immatériel ! La psychanalyse d’orientation lacanienne a élaboré à partir de l’expérience de la cure une définition de l’objet relative non pas à une supposée objectivité, mais à l’expérience subjective et l’inconscient : les objets a qui ne sont pas assimilables aux objets communs, soit les objets du partage et de la concurrence qui circulent dans le commerce humain. Le regard est l’un d’entre eux. Plutôt qu’objet désiré, il est cet élément qui cause le désir dans l’économie libidinale du sujet.

Les 46ème journées de l’ECF promettent de nous enseigner sur ce voir généralisé et l’extrême singularité de chaque rencontre avec le regard. Elles seront, voyez-vous, pour chacun, un rendez-vous avec le plus intime, le plus subversif de la psychanalyse et le plus crucial du moment présent.


Laurent Dupont,

directeur des Journées 46 de l’ECF.

axes

Un ejemplo de los artículos de los que disponemos en la web:
POLICE, PRISON

Le regard de Bentham, par Jonathan Leroy. 7 juillet 2016

Jeremy Bentham (1748-1832) est le père de la doctrine utilitariste, décrite par Jacques-Alain Miller comme « un délire de la raison »[1]. Pour l’utilitariste, rien ne peut être sans effet. Tout est cause et il s’agit de maîtriser les causes pour se rendre maître des effets, sur les hommes notamment. Cette doctrine vise à transformer l’homme pour le plus grand bien, si pas de tous, au moins du « plus grand nombre possible ».

Dans ce vaste projet d’amélioration de l’homme en vue de maximiser le bien-être collectif, lePanopticon décrit par Bentham tient une place centrale.

« Le dispositif est un bâtiment. Le bâtiment est circulaire. Sur la circonférence, à chaque étage, les cellules. Au centre, la tour. Entre le centre et la circonférence, une zone intermédiaire. […] Depuis les loges de la tour centrale, on peut […] voir les cellules. Par contre, des volets interdisent de voir les loges depuis les cellules. »[2]

On peut visualiser cette architecture dans la prison de Modelo, sur l’île de la Jeunesse à Cuba (où, pour la petite histoire, Fidel Castro fut emprisonné de 1953 à 1955).

De leur tour centrale, les gardiens peuvent, à tout moment, embrasser du regard – érotique panoptique ! – chacun des prisonniers. Ceux-ci ne savent pas à quel moment ils sont observés : ils ne peuvent épier la surveillance, ils ne peuvent la contrôler. Comme le remarque J.-A. Miller, « si l’œil est caché, il me regarde, quand bien même il ne me voit pas. À se tapir dans l’ombre, l’œil intensifie tous ses pouvoirs »[3]. Un seul œil, donc, pour des centaines de détenus.

De nombreuses prisons sont d’inspiration benthamienne – c’est le cas de la prison de Saint-Gilles, à Bruxelles : le centre ne peut directement voir dans les cellules – réparties sur chaque côté des ailes – mais observe les allées et venues des détenus dans les couloirs. (...)


O este otro:

DÉVOILEMENT

Ses seins me regardent, par Jérôme Lecaux
 4 juillet 2016


Voir

Voir, c’est l’évidence, le vrai, croit-on. « Je l’ai vu de mes propres yeux », dit-on. « Je ne crois que ce que je vois ». Mais c’est oublier que la vision nous met au centre d’une sphère, et qu’on a tendance à se situer dans le monde de la même façon, égocentrique ; c’est la débilité mentale. De plus, l’image est trompeuse. Dès la Grèce antique, les architectes savaient accommoder l’œil ; aucune des colonnes du Parthénon n’est identique, pour paraître parfaites, il faut que leur forme tienne compte de la perspective. La vierge qui trône au sommet de la basilique de Fourvière à Lyon a une tête et une main disproportionnées, ce qui de loin donne un aspect harmonieux. Les peintres l’ont utilisé plus tardivement ; voyez le trop long cou de la Vénus anadyomène de Botticelli (1485) ou de La Grande Odalisque d’Ingres qui a trois vertèbres supplémentaires (1814). La belle image se fait donc avec l’artifice : pour faire vrai, il faut faire faux.

Être vu

Nous voyons mais nous sommes vus. Comme l’image se prête à la falsification, c’est donc une excellente défense. Le moi est comme un bouclier sous le regard de l’Autre, ou un habit de ce que nous sommes. Montrer, c’est aussi une façon de cacher, comme nous l’enseigne le Dupin de La lettre volée. Le moi, une image, est un outil bien commode à condition de ne pas trop y croire. C’est ce que sait habituellement faire le névrosé, contrairement au garçon de café sartrien qui s’y croit. Les peintres l’ont rendu perceptible à leur façon ; regards des autoportraits, mais aussi Les Ménines(1656) qui mettent le spectateur en position d’être l’objet regardé. Savoir si un sujet a un point de vue sur lui-même est une question clinique éminente. (..-)


(leer más...) Fuente: [ l'objet regard]

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